Récit du DAKAR 2007

Image Sample J'en ai rêvé pendant des années...comment réussir à faire apparaître dans un récit ce que l'on ressent lorsque l'on va si loin dans l'accomplissement personnel... vivre son rêve !

Revenons un peu en arrière.
5 janvier 2007, je suis sur le podium de départ du DAKAR à Lisbonne aux côtés d’Etienne Lavigne, le patron d'ASO. Une foule énorme est debout au lever du jour pour nous voir partir, j'ai des frissons partout ! A ce moment, je n'arrête pas de me dire : ça y est ! Je suis au Dakar !!
    Dans l'euphorie du départ, la liaison route  n'est qu'une formalité et bientôt le commissaire me fait le compte à rebours : 3, 2,1...GO !!
Cette première spéciale est incroyable, du sable lourd, des vagues, on se croirait au Touquet, en plein milieu de la forêt ! En plus je suis parti avec tous les pleins faits sur la moto, un vrai tank pour faire 100 kms !!   Dans cette spéciale, je m'applique surtout à ne pas tomber, je suis crispé, j'ai l'impression de me trainer ! Je finis par me tanker dans le seul bourbier de la spéciale : la 660 enfoncée jusqu'aux moyeux... 15 minutes avec 5 spectateurs pour la ressortir !!!   Cette spéciale aura marqué les esprits, surtout le mien !!
    Le lendemain, petite spéciale de montagne dans l'Algarve, magnifique, du pilotage, ça glisse, je me lâche un peu, encore énervé de la veille et double 20 concurrents en 60 kms. Nous partons ensuite prendre le bateau après une liaison route dans le camion avec Christophe et Cédric. Nous arrivons à Malaga, c’est là que mon frère et Christophe repartent, petite émotion au moment de les quitter… En ville, c’est de la folie, on entre littéralement dans la foule !! C’est incroyable, s’en est même flippant !
Nuit à bord du bateau et arrivée très tôt au Maroc (4h30). Encore merci à Jean de m’avoir fait penser aux manchons, ça pèle grave sur la liaison !! Cette première spéciale au Maroc est un régal mais je ne peux m’empêcher de me dire de couper, que la route est encore longue… J’arrive de jour, je commence à faire réellement connaissance avec toute l’équipe MD rallye Sport et avec David, mon mécano. L’ambiance au bivouac est magique, une vraie petite ville ! Il faut vite se repérer pour ne pas perdre du temps et de l’énergie dans les déplacements.
Les étapes au Maroc son très belles et parfois même très roulantes, gaffe aux saignées !! Nous franchirons nous premières dunes, puis l’Erg Chegaga que je connais bien, le sable porte, je ne suis pas trop tendu, ça passe nickel !! De nombreuse fois je me parle tout seul, je me dis : t’es au Dakar mec !! Fais gaffe !!...
Nous arrivons au bivouac sans assistance et sans les voitures, à FOUM  ZGUID pour ceux qui connaissent le Maroc. Un truc géant, une excellente idée, nous sommes tous là pilotes pro et amateurs, sous des rhaïma (les tentes berbères) avec un sweat, deux couverture et un nécessaire de toilette… une soirée inoubliable ! J’en garde d’ailleurs précieusement le sweat à capuche sur lequel est inscrit : Dakar Foum Zguid… I did it !
Avec Benoit, mon copain du team MD, nous ferons même une double page dans Moto Revue, couchés à côté des pros en train de préparer le road book !!
Cette fois, la Mauritanie arrive, c’est le gros morceau, déjà le passage du mur, du Maroc à la Mauritanie aura été dantesque, de la puis, de la boue sur 200kms, du jamais vu sur un Dakar !
Beaucoup de sable de cailloux, mais surtout énormément de kilomètres à parcourir et pour arriver avant la nuit, mieux vaut ne pas trainer. On nous annonce que l’étape de Tombouctou est annulé, dommage, c’est une ville mythique que j’aurais aimé connaitre…ce sera pour plus tard. Avant la journée de repos à Atar, nous avons une étape très dure, je suis avec Benoit, l’herbe à chameaux semble sans fin, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres, dans les ergs, le sable est hyper mou, mais on s’en sort plutôt bien. Puis viens le soir, benoit se retrouve sans phare, je décide de rester avec lui et là, c’est la galère, un phare pour deux… plusieurs fois il tombe, puis nous tombons les deux, on arrive même à se rentrer dedans. On arrivera finalement au bivouac vers 22h, un peu défait !!
En Mauritanie, nous sommes passés au pied du rocher des éléphants dans l’erg Chinguetti, superbe, je l’ai tellement vu à la télé pendant toutes ces années à regarder le Dakar que je ne pouvais pas le louper. Les Mauritaniens, dans les villes semblent distants, je suis choqué par les poubelles partout, des hectares de sacs plastiques !! A quand une vraie action écologique pour débarrasser l’Afrique des sacs plastiques !
LE MALI : mon plus beau souvenir, des pistes fabuleuses au milieu des baobabs, des villages superbes faits de huttes en bois rudimentaires, mais propre, ces gens au bord de la piste en train de chanter, les femmes en costume traditionnel… je retournerai à la rencontre de ce peuple, c’est sûr ! C’est sur ces pites que je me lâche, je me fais plaisir en pilotage et je finis dans les 50 à Tambacounda pour l’arrivée au Sénégal, je suis super heureux.
Une bonne surprise m’attends à Tambacounda, l’équipe de sponsors est venue me rendre visite, ils sont tous à bloc, nous passerons un peu de temps ensemble à parcourir le bivouac. Je ne peux résister à vous présenter cette équipe : Serge et Françoise qui me suive depuis mes débuts en rallye, Patrick le roi de la clim, un sponsor fidèle et un super pote de raid, Patrick, l’autre, passionné de Sénégal, président de Teranga qui emmène toute cette troupe, Guy et Martine, eux aussi sponsors fidèles, Michel, dont je fais la connaissance, mais aussi Martine. Ca fait plaisir de voir que les gens s’intéressent autant à ce que l’on fait.
Sur l’étape Tambacouda Dakar, ils seront au bord de la piste avec des banderoles … un grand moment !
Dakar est déjà là, la spéciale sur la plage est une sorte de libération et me voila à nouveau sur un podium avec Etienne Lavigne et David Castera, une émotion incroyable, encore aujourd’hui en écrivant ce texte.
Ce Dakar, je l’ai rêvé alors arriver au bout, quelle satisfaction ! Je repense à tous les moments de doute, les moments difficiles où les enfants me manquaient… Une aventure humaine, c’est tout ça : des rencontres, du dépassement de soi, des souffrances, de la joie, de la fatigue,… Mais qu’est ce que j’aime ça !!

        Vous retrouvez des photos du Dakar dans la photothèque, mais aussi un article et des photos de ma visite à l’association Teranga en allant dans la page archive site 2006.